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17.04.2014

Une session qui s’arrose!

Mars 2014. Même si nous avons eu un hiver assez doux, force est de constater qu’en ce début de printemps, la météo est encore tres capricieuse et les averses fréquentes. Pour cette première session de printemps, j’ai décidé d’aller pêcher une petite gravière de la région, située aux portes des Pyrénées et réputée pour ces beaux poissons. Elle a aussi la réputation d’être très technique et particulièrement lunatique…

C’est en fin d’après-midi que je suis arrivé au bord de ce petit lac paisible entouré de verdure. Tout était encore calme et la nature semblait même encore endormie. Je ressentais vraiment que l’hiver était juste derrière nous. Le temps était assez changeant et lourd. Au départ, pas le moindre signe d’activité si ce n’est quelques poules d’eau qui batifolaient au milieu du lac. J’ai tout de suite vu que les choses n’aillaient pas être simples. L’eau était si claire qu’on voyait le fond à 3 m sous l’eau. Aucune activité d’écrevisse n’était même perceptible ce qui est très rare sur cette gravière. Il s’agissait plutôt d’une bonne nouvelle car cela allait me permettre de pêcher plus sereinement sans que les appâts subissent les attaques incessantes des indésirables. De plus, j’avais prévu de faire un amorçage plutôt light. Pour ce qui est des appâts j’avais décidé d’escher mes montages avec des bonhommes de neige constitués de bouillettes Yellow Zombie en 20 mm surmontées d’une Pop-up en 16 mm.

Cette dernière a la particularité de bien diffuser dans l’eau froide. De plus, sa couleur jaune rend l’appât encore plus visible. Pour ce qui concernait mon montage, je dois dire que c’était plutôt basique mais surtout du costaud. En effet, il ne s’agissait vraiment pas de perdre un poisson de ce lac en raison d’une négligence. A l’aide du bateau et de l’échosondeur, j’ai déposé les montages à différents endroits stratégiques mais en veillant bien à suffisamment les espacer les uns des autres. J’ai en fait décidé de poser mes montages à différents endroits du lac sur des zones de tenus des poissons ou des zones de passage. En début de saison, il était important pour moi de localiser rapidement le poisson plutôt que d’attendre de longues heures interminable avant d’enregistrer le premier départ. Seulement cinq, six bouillettes ont été dispersées assez largement au tour de chacun de mes montages. La nuit est ensuite tombée assez rapidement ainsi que la pluie qui n’a pas cessés de tomber par intermittence de grosses averses. Lors de la première nuit,j’ai enregistré un seul départ. Il s’agissait d’un petit que j’ai d’ailleurs immédiatement remis à l’eau à partir de mon bateau. La pluie avait transformé mon poste en un grand champ de boue. Pas vraiment très agréable…

Comme je n’ai pas eu d’autres départs, j’ai décidé d’aller retendre mes lignes et surtout vérifier que tout pêchait bien. Il pleuvait encore et la pluie troublait légèrement l’eau. Tous mes montages étaient intacts et j’ai décidé de rester sur la même stratégie. Il pleuvait en permanence et j’ai d’ailleurs passé une bonne partie de cette journée à l’abri sous mon parapluie. J’ai tout de même vu un peu d’activité à la fin de la journée en voyant une carpe sauter. Un bruit qui m’a plutôt rassuré ! Les choses allaient peut être se mettre enfin en place…

Vingt trois heures plus tard, j’ai eu un départ strident sur ma canne dont le montage était placé à proximité d’un arbre mort. Le poisson s’est mis à foncer vers moi. J’ai immédiatement pris le contact et je suis allé sur mon bateau. Pris dans le feu de l’action, j’oublie de mettre mes chaussures et c’est en chaussette que je suis allé mener le combat sous la pluie. Après plusieurs minutes de combat, j’ai finalement attrapé une belle carpe commune encore engourdie par l’eau froide. J’étais vraiment très content car les communes sont très rares dans cette gravière. De retour sur la berge, j’ai décide de ne pas replacer la canne afin d’éviter tout bruit supplémentaire sur le lac. Je me suis séché et je me suis glissé dans mon duvet pour me réchauffer et terminer tranquillement ma nuit. Celle-ci fut d’ailleurs assez courte puisqu’à 5 heures du matin, un autre départ m’a réveillé. Cette fois, il s’agissait de la canne qui était située en pleine eau, sur un haut fond.

Lentement et en force, j’ai compris que je tenais un joli poisson toujours sous une pluie battante. Cela faisait 20 minutes que je tenais la carpe au bout de ma ligne et je n’avais pas encore réussi à la décoller du fond. J’ai bridé fort le poisson et au bout de quelques minutes, j’ai finit par remonter ce superbe poisson en surface. Il s’agissait d’une carpe commune. C’était d’ailleurs assez bizarre car cette gravière est peuplée à 99 % par des carpes miroirs. Complètement trempé, j’ai bien pris le temps de me sécher avant d’aller me réchauffer dans mon duvet en attendant que le jour se lève et que je puisse faire quelques photos souvenirs de ces deux jolies carpes. J’ai réussi à faire quelques photos et une petite vidéo très rapide entre deux averses.

C’est sous la pluie que j’ai remballé tout mon matériel. Je n’avais plus de vêtement secs et c’est en bottes que j’ai fais le chemin du retour. Parfois, il faut savoir se mouiller pour obtenir des résultats !

Ce fut une très belle session mais je ne vous cache pas que j’attends les beaux jours avec grande impatience !

Andreas Wols